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Eliogabalo à l’Opéra de Paris : Opéra baroque’roll

OPERA – « Eliogabalo », nouvelle production qui ouvre la saison de l’Opéra de Paris ne manque pas de piquant.

Un empereur mégalo, cruel, bisexuel, travesti, sado-maso et violeur : l’Opéra de Paris ne fait pas dans la dentelle pour son ouverture de saison. « Eliogabalo », un opéra baroque italien est presque une nouveauté : on a retrouvé sa trace qu’en 1999 et n’a été donné que trois fois, jamais en France. Ecrit en 1667 par Francesco Cavalli (1602-1676), l’un des compositeurs célèbres de l’époque baroque, cet opéra n’a jamais été donné car jugé… trop choquant. « Cavalli l’a imaginé pour le Carnaval de Venise, car pendant le Carnaval la morale était abolie, explique Leonardo GarcÍa Alarcón le chef d’orchestre de ce « Eliogabalo » dont la mise-en-scène est confiée à Thomas Jolly, étoile montante du théâtre français.

jean-baptiste_millot-alarcon-leonardo-garcia-jean-baptiste-millot-800Alarcón est la nouvelle star de la musique baroque (lire notre interview ici). Né en Argentine, nourri au Tango, ce chef au sang chaud a le don de faire entendre cette musique du XVIIe siècle comme si elle avait été écrite hier. Il a remonté avec un large succès une magnifique oeuvre de Falvetti « Il Diluvio Universal » (voir notre article). La dimension théâtrale des livrets choisis par Cavalli est très forte : « opéra raconte l’histoire d’un empereur de 17 ans qui a des plaisirs extravagants. Il choisi les hommes et les femmes qu’il veut séduire et personne ne peur lui refuser. Il a des lions pour dévorer ses ennemies. Puis il s’habille en femme, fait construire une sculpture en forme de phallus… Il se prend pour Jupiter. Hélios en grec personnifie le soleil. Eliogabalo c’est le roi soleil avant l’heure ! » En plus de mœurs étranges, ce souverain a des idées encore plus bizarres : il veut congédier les sénateurs et les remplacer par… des femmes ! Et il se travestie pour siéger avec les sénatrices et mieux les séduire.

Le contre-ténor star Franco Fagioli qui incarne le rôle-titre : « il fallait un sopraniste comme lui, explique Alarcon. Fagioli peut incarner les rôles de castra tout en incarnant la forme du drame. On n’avait pas ce genre de combinaison il y a vingt ans. » Fagioli, comme Jolly et Alarcón font leurs débuts à l’Opéra de Paris.

Jusqu’au 15 octobre, Palais Garnier. De 10 à 210 €.

 

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