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Dialogue de sourds à l’Opéra de Bordeaux

ÉDITO – Les musiciens de l’Orchestre ne veulent plus jouer sous la direction de Marc Minkowski, le directeur de l’Opéra. Celui-ci s’entête à se programmer, semant le trouble.

Le torchon brûle entre l’orchestre de Bordeaux et son directeur Marc Minkowski. Aux portes de l’auditorium, avant le concert de jeudi soir, les musiciens de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine ont distribué des tracts. « Le malaise s’intensifie » pouvait-on lire sur ce dernier. « Nous, musiciens de l’ONBA, ne sommes absolument pas convaincus que M. Minkowski ait les qualités techniques, musicales et humaines pour nous diriger en tant que chef d’orchestre. » Voilà c’est écrit. Cela était déjà dit. Des mots durs (validés par la large majorité des musiciens) mais qui ne surprennent pas l’observateur de la vie musicale bordelaise.

Nommé directeur de l’Opéra – contre l’avis de nombre de musiciens, danseurs et personnalités de la culture – il a multiplié les impairs envers les artistes de la maison (voir notre article). Pour sa saison 2019/2020 (au demeurant pleine de promesses), le directeur se programme régulièrement, sachant clairement le trouble qu’il crée en dirigeant.

Mais pourquoi tant de haine ? La carrière de Marc Minkowski ne lui offre-t-elle pas assez d’opportunités artistiques ? Sachant qu’il a conduit et conduit encore de formidables orchestres à travers l’Europe, est-il essentiel pour lui de tenir le podium à Bordeaux, au risque de créer « le malaise » auprès des musiciens ? L’artiste rebelle a son charme, le directeur obstiné un peu moins… D’autant qu’il y a encore beaucoup à faire pour réformer l’Opéra de Bordeaux dans son organisation, son ouverture au public, son originalité musicale.

Jeudi au concert, le premier rang – celui d’habitude occupé par la direction, la Mairie et les invités voire les journalistes – avait été vidé. Une image qui se voulait symbolique pour bouder les musiciens… (Dommage pour la direction de l’Opéra et la mairie car l’ONBA a justement donné un superbe programme de musique d’Elgar !).

Une telle ambiance est regrettable au moment où les musiciens de Bordeaux se sont couverts de gloire après une Walkyrie remarquable le mois dernier. Les représentants des musiciens demandent à être reçus par le nouveau maire de Bordeaux, Nicolas Florian. Ils veulent avoir des chefs qui les inspirent et les respectent. Rien de plus louable.

RECTIF : Contrairement a ce qui était précédemment dans cet article, Marc Minkowski n’avait jamais dirigé l’ONBA avant d’être nommé directeur général.

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11 Commentaires

  1. Je distribuais hier les tracts et j’étais sur scène à 20h…pour constater en effet la désertion du rang des VIP…
    Merci d’avoir relater notre action à travers votre article que j’apprécie beaucoup. Bien cordialement, Jean Bataillon

  2. Affligeante prise en otage par quelques musiciens syndiqués qui ne représentent qu’eux-mêmes alors que précisément avoir un chef directeur est une opportunité pour l’ONB. Relater leurs agissements sans donner la parole à l’ONB est navrant et croyez que nous sommes nombreux dans le public à soutenir Marc Minkowski.

    • Une prise en orage ? Rien ne vous obligeait à lire voire même à accepter ce tract.
      Le concert a eu lieu, il n’y a pas eu de prise de paroles , les musiciens ont donné un concert de qualité, je ne pense pas que l’on puisse parler de prise d’otage !
      Pourquoi, parce qu’il s’agit de musique ? , n’auraient-ils pas le droit de donner leur avis sur leur dirigeant quand on sait l’importance et l’impact que celui-ci peut avoir sur la qualité artistique d’un concert ? ..

    • Bonjour,
      Les musiciens présents (hors de toute action syndicale) ont assuré le concert malgré la distribution des tracts, et étaient là après une décision prise en commun. C’était donc une majorité démocratique de l’ONBA qui était représentée.
      Une musicienne de l’ONBA.

  3. Une prise en otage aurait été : un discours avant de jouer , un concert retardé , un publique empêché d’entrer, une grève avec annulation des concerts…… , bref tout le contraire de l’action menée et soutenue par 90 pourcent des musiciens . Je ne pense pas que 90 pourcent des musiciens de l’orchestre soient syndiqués ,moi-même ne le suis pas . Aussi je vous invite à la discussion (celle que l’on refuse à l’ONBA) plutôt qu’à « l’affliction ».

    Cordialement

  4. Depuis l arrivée de Marc Minkowski, l Opera de Bordeaux nous présente des saisons dignes des plus grandes scènes internationales.
    Baremboim, Kaufmann… 3 operas de Mozart la saisons prochaines dirigé par un chef au talent mondialement reconnu, et vous pensez vraiment que quelques tracts sont crédibles à l entrée d un concert où M. Minkowski ne dirige même pas ? Quel en est le sens ?
    Nous venons écouter de beaux concerts, et passer une bonne soirée, et sûrement pas nous immiscer dans la cuisine interne d une structure comme l opéra de Bordeaux.

    Arretez ces actions stériles svp, la musique est au dessus de tout çà.

    Joan Cubert

    • Monsieur, vous parlez d’un talent mondialement reconnu ? Par qui ? Des politiques véreux qui soutiennent le copain du copain ? Un public inculte ? Sachez que le monde de la musique a envoyé des messages de condoléances aux musiciens de l’ONBA suite à la nomination de Marc Minkowski à Bordeaux. S’il est invité dans les plus grandes formations, il ne l’est pas deux fois ! Les musiciens du monde entier refusent de rejouer avec lui une fois qu’il est passé et le font exclure des listes de chefs invités.
      Les chefs au talent mondialement reconnu par les musiciens se comptent sur les doigts des deux mains ! Qu’il soit dit en passant, que lesdits musiciens intègrent les orchestres du monde entier sur concours, la sélection est draconienne, le niveau extrêmement élevé. Les chefs, les directeurs artistiques, eux décrochent leurs contrats grâce à un réseau, un agent, un joli projet… La plus part seraient bien incapables de supporter les épreuves de concours que nous avons à supporter… Les chefs au talent mondialement reconnu, les vrais, ont le plus souvent, avant d’avoir été de grands chefs, été de grands instrumentistes !
      Si le public ne peut juger de la qualité d’un chef, c’est bien parce que les musiciens leur sauvent toujours la mise. Si les musiciens de l’ONBA avaient suivi la battue de M. Minkowski sur Manon, ils se seraient arrêtés, ils ont frôlé la catastrophe plus d’une fois lors de cette production mais ils ont fait le job pour que le public sorte séduit. M. Minkowski lui-même ne s’est sans doute pas rendu compte du péril dans lequel il a mis ses musiciens ! Quant aux musiciens du Louvre, n’attendaient pas d’eux qu’ils s’expriment, ils sont pour la plus part intermittents et s’ils osent dire un mot plus haut que l’autre alors ils ne sont plus jamais rappelés….

  5. La musique ne se fait pas au mépris de ceux qui la font. Aveuglé par votre révérence pour les grands noms et les têtes d’affiche, vous pensez sans doute qu’un orchestre sans chef n’est pas grand chose. Je vous invite donc à écouter un chef sans orchestre. Vous m’en direz des nouvelles.
    Quant à la petite cuisine, sachez que les états de service de M. Minkowski à Grenoble lui ont valu dans le milieu musical le sobriquet de « Bernard Tapie de la musique », et qu’au demeurant, personne n’a jamais contesté son carnet d’adresses.
    Enfin, il se trouve au centre d’un conflit d’intérêt manifeste, avec la possibilité qui lui a été offerte en toute connaissance de cause par la Ville de Bordeaux, d’organiser la concurrence entre le service public dont il a la charge et l’ensemble privé dont il est le fondateur. Cette anomalie déontologique est malheureusement encouragée par les textes d’application de la loi Liberté de la création, Architecture, patrimoine (arrêté sur le label « Opéra national en région ») qui oblige les maisons d’opéra labellisées à accueillir en résidence des ensembles de droit privé, dont la qualité n’est pas en cause, mais qui bénéficient ainsi des moyens du secteur public sans être contraints d’en assumer les charges et les missions. Si vous me rétorquez que c’est dans l’air du temps, je ne pourrai qu’abonder dans votre sens.

    • Merci pour votre message et votre soutien !
      Je suis musicienne a l’ONBA, et déterminée à distribuer autant de tract qu’il le faudra

  6. j ai un souvenir magnifique de l orchestre des jeunes de l orchestre de Paris. j etais violoniste pour apprendre de l interieur mon metier de chef d orchestre.Marc etait bassoniste. assez sobre. un peu triste. quand nous etions un peu fou il faut une enorme formation humaine et experience pour assumer nos metiers. les erreurs, outrances, injustices sont helas courante. il y as des annees j ai voulu approcher l orchestre. il y avait un tel mepris du titulaire a mon egard pourtant  » celebre  » j ai du faire 4 heures de piscine pour me laver de l arrogance … pas assez d humanité … d aventure. de passion. de service. d humilité. de gentillesse. de simplicité. d ouverture. d audace. par contre metier tellement difficile que je souffre de leur conflit. il y a tant a faire pour arranger notre societé. en dehors de notre gloire ….

  7. Je m’étonne du parti pris complet affiché par une journaliste sensée informer sur les 2 parties d’un conflit.
    « Pas les qualités techniques, musicales et humaines « …bigre ! Je suppose que cela sous entend qu’elles sont en partage exclusif chez les musiciens !
    Dommage pour la musique et le public.
    Peut être que Minkovski ne respecte pas les musiciens mais je ne vois pas que les musiciens aient le moindre respect pour un chef qui malgré tout a fait ses preuves au moins…musicales !
    Une spectatrice

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