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Parité : le jazz reste une « zone de confort masculine »

INTERVIEW – La culture est un monde d’hommes. La musique classique n’est pas épargnée par une misogynie naturelle, le jazz encore moins. Après les vagues #metoo et Balance ton porc, la parité commence-t-elle à poindre dans ses secteurs ? Réponses avec Marie Buscatto, auteure de Femmes du jazz, musicalités, féminités, marginalisations (2007)

Dans votre étude de 2007, les femmes représentaient 8% des musiciens de jazz en France. Ce chiffre a-t-il changé en 2019 ?

Aucune étude nationale n’a été faite depuis la publication de mon livre. La seule à laquelle j’ai eu accès est une enquête très localisée, les chiffres sont donc approximatifs. Elle montre que la part de femmes est désormais aux alentours de 10 à 12% sur la scène jazz. Certains indices, comme les programmations des salles et des festivals, laissent penser que peu de choses ont changé en 10 ans. Les hommes sont toujours beaucoup plus nombreux, et surtout, peu de femmes sont des leaders de groupes. Les femmes restent des chanteuses, rarement invitées à jouer avec leur confrères instrumentistes.

Comment les professionnels du jazz se situent face au sexisme qui demeure dans le secteur ?

Je pense que la volonté de parité est honnête dans le monde du jazz. Cependant, au vu des conditions de vie et de travail des musiciens de jazz, la question est secondaire pour beaucoup. Femmes comme hommes ont du mal à vivre du jazz ! La parité est une valeur qui monte dans les sociétés démocratiques, mais elles fait face à des habitudes enracinées dans le monde du jazz. Le sexisme n’est pas apparent, il met mal à l’aise tous les professionnels du secteur.

Pourquoi les femmes sont elles ainsi marginalisées dans les groupes de jazz ?

Pour vivre du jazz, les musiciens ont besoin d’être recrutés par leur collègues. C’est donc un monde qui réside sur un modèle de cooptation. Les hommes tendent naturellement à jouer avec d’autres hommes, parce qu’il y a peu de femmes et, surtout, car c’est ce qu’ils connaissent. Ils ont l’habitude de jouer avec hommes, c’est leur zone de confort.

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1 COMMENTAIRE

  1. Amateur de jazz, j’apporterais un bémol à votre article. Par exemple lors du week-end Jazz français de la Philharmonie, la moitié des groupes sur scène était menée par des femmes, talentueuses et respectées par leurs pairs, comme Anne Pacéo ou Airelle Besson.

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