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Kerson Leong, le violon explosif

PORTRAIT – Le violoniste canadien Kerson Leong vient de sortir au disque les Six sonates pour violon seul d’Eugène Ysaÿe (Alpha). Autant vous le dire tout de suite : c’est de la bombe.

Vous saviez seulement qu’un violoniste canadien au nom étrange venait d’enregistrer les Six sonates pour violon seul d’Eugène Ysaÿe et qu’il en donnait régulièrement l’intégrale en concert. Qu’il jouait un magnifique violon de Guarneri del Gesù, fameux luthier italien du 18e siècle, qu’à 13 ans, il avait gagné le concours Menuhin junior d’Oslo et qu’il était, à l’invitation de son chef, Yannick Nézet-Séguin, le partenaire privilégié de l’Orchestre métropolitain de Montréal. De quoi éveiller votre curiosité et vous inciter à écouter le disque.

Troisième Graal pour les violonistes

…Une écoute que vous ne regrettez pas, tant ce disque vous capte de manière fulgurante, pour ne plus vous lâcher : symbiose complète entre l’interprète et son prolongement à quatre cordes et un archet. Évidence esthétique. Restitution parfaite de l’écriture virtuose et faussement improvisée d’Ysaÿe. Immense musicalité et beauté pure du répertoire pour violon seul. Et pourtant, il faut une bonne dose d’inconscience ou de goût du danger pour souhaiter graver ces sonates. Vous n’en aviez pas entendu parler avant ? Normal, elles sont quasiment impossibles à jouer ! Après les Caprices de Paganini et les Partitas de Bach, elles représentent le troisième Graal pour les violonistes : un sommet accessible seulement à quelques-uns.

Une écoute que vous ne regrettez pas, tant ce disque vous capte de manière fulgurante, pour ne plus vous lâcher : symbiose complète entre l’interprète et son prolongement à quatre cordes et un archet.

Eugène Ysaÿe, l’école belge du violon

Eugène Ysaÿe, né en 1858 à Liège (Belgique), fut un immense virtuose du violon, dédicataire et créateur de nombreuses pièces (sonate de César Franck, Poème d’Ernest Chausson, quatuor de Claude Debussy…). Ses six sonates sont chacune dédiées à un confrère virtuose (Joseph Szigeti, Jacques Thibaud ou encore Fritz Kreisler). Un subtil équilibre entre introspection « à violon ouvert », organisation harmonique et écriture 100% violonistique les définit. Jamais arides, malgré la solitude monodique du violon, elles contiennent toutes un feu sacré intérieur. Ce disque, sobrement intitulé Ysaÿe, Six sonates pour violon seul, leur rend un magnifique hommage.

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C’est pour qui ?

Pour ceux qui pensaient être devenus insensibles à l’émotion musicale. Celle qui vous prend par surprise, sans artifices ni fioritures, et dont l’immense élégance pudique vous submerge.

Pourquoi on aime ?

Parce qu’on peut travailler en même temps, en se laissant porter par ce violon magistral, en train de façonner une pâte musicale d’une grand pureté.

Parce que c’est beau et rare d’assister à la rencontre d’un répertoire et de son interprète.
Avec une mention spéciale pour Obsession, brillamment constituée de réminiscences musicales (1er mouvement de la sonate n°2, plage 5 du CD).

Pour en savoir + : https://kersonleong.com/about-kerson/
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