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Be Classical : un lancement en demi-teinte

COMPTE-RENDU – En septembre, lors de la conférence de presse du lancement de la saison 2021-2022 de Be Classical, Jesse Mimeran et Christie Julien promettaient devant un parterre de critiques et d’influenceurs de nous montrer “le classique comme vous ne l’avez jamais vu”, grâce à “l’une des plus grandes scénographies en lumière d’Europe”. Ah bon ?

Au premier abord, on nous en met plein les yeux. Les concerts Be Classical, organisés par la société spécialisée en événementiel JMAD, promettent une pléiade de stars de l’opéra, de Roberto Alagna à Nadine Sierra, en passant par Olga Peretyatko ou encore Ludovic Tézier. C’est d’ailleurs le récital de ce dernier, avec la soprano Cassandre Berthon, qui lançait la saison de Be Classical, le 23 novembre, à la salle Gaveau.

French touch

Le programme de ce récital dédié à la ”French touch”, c’est-à-dire le savoir-faire français dans l’opéra et les mélodies de Mozart à Poulenc en passant par Berlioz, a les défauts classiques des récitals traditionnels : il s’articule autour un thème trop général, qui permet d’enchaîner airs connus ou plus rares, sans cohérence profonde entre les airs. Il est donc assez difficile d’être ému ou transporté.

La scénographie en lumière imaginée par le Studio épatant et le Collectif Scale, artisans de la Fête des Lumières de Lyon est plaisante à regarder, mais un peu distrayante, si bien que l’on a dû mal à voir en quoi elle bouleverse les codes de la musique classique. Les néons qui entourent la scène et s’illuminent de différentes couleurs, avec des variations d’intensité, au gré de la musique interprétée, créent une ambiance feutrée sans apporter de profondeur poétique particulière.

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Présenter sur la scène d’un récital un vrai couple lyrique peut faire des étincelles quand les deux artistes ont atteint les mêmes sommets dans leur art, mais dans le cas de Ludovic Tézier et Cassandre Berthon la comparaison est un peu cruelle. D’ailleurs la présentation sur le site de la salle Gaveau mentionne : ”l’immense baryton et la soprano”.

Et il faut bien reconnaître que dès leur premier duo, extrait des Noces de Figaro de Mozart, on est surtout impressionné par la performance vocale du baryton, dont le timbre puissant, cuivré et velouté ainsi que sa conduite de ligne et sa diction émerveillent comme toujours. La soprano n’a pas semblé à l’aise vocalement pendant la soirée, ses aigus étaient forcés, ses médiums étaient régulièrement couverts par l’orchestre ou la voix de son partenaire, et ses graves manquaient de stabilité. 

Déception

Des deux invités, la mezzo-soprano Marina Viotti dans la barcarolle des Contes d’Hoffman et le ténor Jesse Mimeran dans la mort de Rodrigue du Don Carlos de Verdi, c’est surtout la première qui a marqué la soirée, par sa puissance et sa sûreté vocale et la beauté de son timbre cuivré. Quant à l’accompagnement orchestral par Mathieu Herzog et l’Ensemble Appassionato, il manquait de relief, sans doute peu aidé par une acoustique assez sèche, qui donnait un son mat aux cordes et acide aux bois et ne permettait pas une fusion harmonieuse des timbres des instruments. 

Il est encore trop tôt pour conclure à la réussite ou l’échec de cette saison de Be Classical, mais il faut bien admettre que ce premier récital est une déception aussi bien musicalement qu’en ce qui concerne la promesse de renouvellement du format concert-récital.

Be Classical, saison 2021-2022, Salle Gaveau. Informations et réservations.
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