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L’étonnante mue de Marco Angioloni

INTERVIEW – C’est peu de dire que le premier album de Marco Angioloni en tant que soliste a été remarqué, tant par l’originalité de son thème (des airs de nourrices écrits originellement pour des hommes) que par la qualité de son exécution. On parie que la sortie de son deuxième disque, hommage au ténor baroque Annibale Fabbri, le sera tout autant.

Marco Angioloni est un ténor italien qui a fait ses armes au conservatoire de Florence puis au Centre de musique baroque de Versailles. La rencontre musicale avec ce jeune chanteur aux Concerts d’hiver de Paris en 2019 nous avait rendu – littéralement – chaise.

Son premier album, Il Canto Della Nutrice (Da Vinci Classics, 2020), explore avec originalité le répertoire baroque italien, articulé autour des airs de nourrices. Pour la sortie de son second, consacré au ténor baroque Annibale Fabbri (1687-1760), vendredi 11 février, une entrevue autour d’un verre s’imposait. Mais plus question cette fois de s’asseoir sur une chaise ! Surtout que l’on peut à nouveau boire debout, coudes sur le zinc, tradition que l’on partage d’ailleurs des deux côtés des Alpes.

Lire aussi : Marco Angioloni aux Concerts d’hiver de Paris : un récital al dente
Annibale Fabbri

Pour votre deuxième album, vous abandonnez les airs de nourrice mais vous restez dans la période baroque. Place donc aux airs de castrats ?

Marco Angioloni : Absolument pas ! Les airs de mon nouveau disque sont écrits pour voix de ténors. Ce sont principalement des rôles de méchants ou de guerriers, des rois, des héros. A cette époque, les ténors jouaient plus rarement les rôles de jeunes premiers énamourés qu’ils ont beaucoup tenus dans les périodes classiques et romantiques.

Passer de nourrice à héros, quelle mue ! Mais donc, vous chantez bien en voix de poitrine, et non en voix de tête ?

Absolument ! Les hommes chantent en voix de poitrine depuis toujours. Prenez par exemple Francesco Rasi (un Arétin, comme moi !) qui fut le premier Orféo, ténor de la pièce éponyme de Monteverdi et qui est considérée comme le premier opéra occidental (1607).

Marco Angioloni
Son premier album, Il Canto Della Nutrice, explore le répertoire baroque italien autour des airs de nourrices © Andreas Lander

Il y a donc des ténors stars, à côté des castrats, à la période baroque ?

Peut-être un peu moins stars que les castrats restés dans l’histoire, mais célèbres et célébrés, certainement. J’ai d’ailleurs choisi de rendre hommage à l’un d’entre eux, Annibale Fabbri, en sélectionnant pour mon nouveau disque des airs qu’il chantait ou qu’il avait même créés. Né à Bologne, Il s’est imposé sur les plus grandes scènes d’Europe.

A part pour les opéras créés par Fabri, vibrez-vous dans ce disque ?

Bien sûr que la voix doit vibrer, même dans le répertoire baroque… aussi et surtout pour créer un réel contraste lorsque la musique se prête à produire des notes plus droites, dans des moments de tensions harmoniques, par exemple. Et puis, j’espère bien ne pas être le seul à vibrer dans la salle !

Vous aimerez aussi :
Marco Angioloni se produira les Noces de Figaro au théâtre des Sablons à Neuilly-sur-Seine le 12 février ou en récital à l’Eglise luthérienne Saint-Jean à Paris le 13 février.
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