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Il paradiso perduto, la beauté retrouvée

CONCERT – Le concert de l’Hostel Dieu a convoqué… Dieu (rien que ça !) sur scène, Adam et Eve, et bien d’autres pour ressusciter une œuvre injustement oubliée.

C’était une première. Lundi 21 mars, à l’Auditorium de Lyon, le Concert de l’Hostel Dieu a fait entendre un oratorio en deux parties peut-être jamais joué depuis le XVIIe siècle, Il Paradiso Perduto. Son auteur, le Vénitien Luigi da Mancia (1657-1719) a allié l’inventivité et la poésie pour raconter comment le premier couple de la création est chassé du jardin d’Eden après avoir gouté au fruit défendu.

Musicalement, on se laisse emporter. Eve n’est que légèreté et retenue. La voix de Floriane Hasler chante les sentiments qu’elle porte à son compagnon sur le souffle délicat des cordes et des pizzicati (pincement des cordes avec les doigts).

© Julie Cherki

Amour et beauté

On est tenté de lire des allusions charnelles dans son texte qui évoque des ruissellements d’amour…. Les flutes baroques gazouillent comme des oiseaux de paradis. De son côté, la soprano Céline Scheen avait choisi un costume rouge sang pour incarner un Adam se voulant sans doute plus viril.

Le couple forme un duo très épris qui vit dans un monde où tout n’est qu’amour et beauté, jusqu’à ce qu’arrive le serpent, très justement campé par la voix de basse Virgile Ancely (en remplacement de Salvo Vitale). On connaît la suite.

A force de répéter à Eve que rien ne vaut le plaisir que l’on explore « sans limite », elle cède au Serpent, convainc Adam de l’imiter, ce qui leur vaut de découvrir La Mort. Cette dernière clôt la première partie d’une prestation de mezzo-soprano aussi brève qu’explosive, contrastant avec la tendresse qui a précédé. L’heure du drame a sonné.

On ne peut qu’espérer une reprise de ce Paradiso Perduto dans d’autres salles

Mariage divin

Chassés du paradis, Adam et Eve se lamentent, devront reconquérir l’amour de Dieu et retrouver la confiance qui les unissait. Le texte n’échappe pas à la tradition de la femme faible et corruptrice, par qui arrive la faute.

L’originalité de l’œuvre repose plutôt sur l’instrumentation. Le mariage divin des théorbes et des trois violoncelles solo par exemple, ou l’usage moderne et presque cinématographique des percussions. Les classiques timbales, tambourin et xylophone sont là, mais enrichis d’une plaque-tonnerre, d’une chaine métallique et d’une boite à orage qui font entendre le rugissement du ciel. Le chœur final qui réunit tous les personnages est tout aussi marquant quand il chante la condamnation divine à pleine voix.

© Julie Cherki

On ne peut qu’espérer une reprise de ce Paradiso Perduto dans d’autres salles. En attendant, il a été enregistré en direct et salué par un public absolument conquis. La captation du spectacle sera diffusée sur France-3 cet été et tout le monde pourra retrouver son Eden, chez soi, dès que le disque sortira sous le label Aparté.

Il paradiso perduto, Franck-Emmanuel Comte, le Concert de l’Hostel Dieu. Avec Céline Scheen (soprano), Floriane Hasler (mezzo-soprano), Fabien Hyon (ténor), Virgile Ancely (basse), Ana Vieira Leite (soprano) et Dagmar Šašková (mezzo-soprano).

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