AccueilÀ l'écranA la Philharmonie de Paris, Joe Hisaishi en maître symphonique

A la Philharmonie de Paris, Joe Hisaishi en maître symphonique

CONCERT – Invité exceptionnel de la Philharmonie de Paris du 6 au 8 mai, le compositeur japonais Joe Hisaishi a ravi un public d’une jeunesse inhabituelle, en transformant sa musique de cinéma en œuvres symphoniques.

Depuis le troisième étage de la Philharmonie de Paris, à l’entrée de la grande salle Pierre-Boulez, notre regard se porte sur une marée de jeunes en contrebas. On les observe depuis la sortie du métro, longer la place de la Fontaine aux lions, en direction de l’immense bâtiment sur lequel étincellent les derniers rayons de soleil.

Arrivés à notre niveau, les groupes de potes se forment, certains finissent leur verre, allument des clopes. L’espace d’un instant, on se demanderait presque qui on est venu voir en concert ce soir, si on s’est pas trompé de date et qu’en fait, il ne s’agit pas de musique classique mais de Pete Doherty et sa guitare.

Joe Hisaishi est la star du week-end. Le compositeur japonais, 71 ans, s’est produit à l’occasion de trois concerts aux côtés de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg. Il n’était pas revenu à la Philharmonie de Paris depuis 2019 : les places se sont vendues comme des petits pains.

Expert dans l’art de décortiquer les thèmes, Joe Hisaishi passe outre les époques et les cultures.

Adulé

Il faut dire que Hisaishi est adulé pour ses œuvres, surtout celles qu’il a composées pour le cinéma nippon. Le Voyage de Chihiro, Mon Voisin Totoro, Princesse Mononoké et tant d’autres dessins animés du dessinateur Hayao Miyazaki, dont il est indissociable. Depuis Nausicaä de la vallée du vent, en 1984, ses musiques ont rencontré le succès au delà des frontières du pays du Soleil-levant.

Expert dans l’art de décortiquer les thèmes, maniaque de l’orchestration, Joe Hisaishi pioche ses inspirations dans des courants musicaux très divers, mêle musique minimaliste, orientaliste et symphonique, passe outre les époques et les cultures.

Par exemple, sa Symphonie n°2, créée en 2021 avec le Nouvel Orchestre philharmonique du Japon, proposée en ouverture de ce concert. Une œuvre stimulante en trois mouvements, qui puise sa source dans une comptine japonaise et s’articule autour d’un rythme dont il propose 14 variations.

Au fil des notes, les motifs s’élargissent du centre de l’orchestre à l’ensemble des pupitres. Cette symphonie étonnante aux accents de célébrations japonaises, est marquée par une impressionnante empreinte de flûtes, trombones, cors et bassons.

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Sombre princesse

Après l’entracte, Joe Hisaishi a choisi de diriger Woman, suite de trois compositions, dont une orchestration de Ponyo sur la falaise, film d’animation sorti en 2008. Là encore, le compositeur a retravaillé ses œuvres pour le cinéma et approfondi les possibilités mélodiques et harmoniques. Une nouvelle écoute que le public accueille avec un immense enthousiasme, se repérant aux bandes-originales écoutées maintes et maintes fois.

Enfin, la Suite symphonique de Princesse Mononoké s’ouvre par l’assaut des percussions d’une grosse caisse. Un coupure nette avec les deux œuvres précédentes, dansantes et festives. Princesse Mononoké, conte sombre de Hayao Miyazaki, sorti en salles en 1997, prend place dans le Japon du XIVe siècle et retrace la guerre menée par les hommes contre le Dieu-Cerf, esprit de la forêt. Une épopée dramatique et sombre, empreinte d’une forte morale écologique.

Le contraste est aussi fort dans le format : Joe Hisaishi alterne là pupitre et piano, invite pour le thème de la Princesse l’impressionnante soprano Alexandra Marcellier. Là encore le public est en liesse. Certains pleurent.

Le concert se clôt par une standing ovation et de longues minutes d’applaudissement. Premier bis, le compositeur s’assoit devant son piano et joue les six premières notes de The Sixth Station, composée pour Le Voyage de Chihiro en 2001. Dans le public, on pousse un cri. Joe Hisaishi sourit.

Hisaishi Symphonique, Joe Hisaishi et l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, à voir jusqu’au 8 mai 2023 sur Arte.tv

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