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AccueilA la UneA La Scala Provence, Francesco Tristano, génial et inclassable

A La Scala Provence, Francesco Tristano, génial et inclassable

COMPTE-RENDU – Samedi 16 juillet, le pianiste et compositeur Francesco Tristano se produisait à La Scala Provence (Avignon), dans un programme de sa composition, Piano 2.0. L’occasion de faire sur le point sur la démarche artistique de cet artiste talentueux, qui ne fait rien comme personne.

La Scala Paris, toute une histoire

En 2016, Mélanie et Frédéric Biessy rachètent La Scala, dans le Xe arrondissement de Paris, un lieu tour à tour café-concert, music-hall, cinéma Art déco puis multisalles de cinéma porno. Ils la rénovent entièrement et lui donnent une identité marquée, faite de lignes tranchées et de teintes bleu nuit. L’équipement technique est dernier cri et l’acoustique soignée a été pensée par le compositeur Philippe Manoury. On est loin de La Chatte à deux têtes ou des Heures brûlantes du plaisir.

Leur ambition ? Promouvoir la création artistique sous toutes ses formes : théâtre, danse, musique, nouveau cirque, arts visuels et numériques, avec un penchant pour la création musicale, via le compositeur et directeur artistique Rodolphe Bruneau-Boulmier.

Après Paris, Avignon

En 2018, La Scala Paris ouvre ses portes, avec une salle de 550 places, un restaurant et un bar. Depuis, et malgré les années Covid, elle s’est rapidement imposée comme un lieu de programmation et de recherche artistique de premier plan.

Non contents de ce succès, les Biessy décident d’ouvrir La Scala Provence, à Avignon, pour être présents pendant le festival mais aussi proposer toute l’année des concerts mensuels et permettre des résidences de création et des enregistrements de disques.

Un des artistes identitaires de cette démarche est sans conteste le pianiste et compositeur Francesco Tristano. Pour La Scala Paris, il a sélectionné les pianos de concert Yamaha, y a donné des lives mémorables pendant le confinement et y a enregistré son disque On Early Music, paru en février 2022 chez Sony.

Francesco Tristano, le félin acrobate

Le voici donc en concert à La Scala Provence, à Avignon, ce samedi 16 juillet à 23 heures, quand la température commence à être supportable et les cigales à se calmer.

Long et souple, il s’avance sur scène, entouré par plusieurs demi-cercles de public, un cercle resserré de trois claviers différents et une armada de micros, manettes et écrans, comme une forêt technologique. Il ne salue pas, ses yeux à moitié cachés par ses boucles tombantes, comme étranger à l’instant. Il s’assoie simplement, procède à un ultime réglage des manettes et commence à jouer.

Instantanément, à l’instar de sa technique aux claviers, verticale, articulée et sans fioritures, il installe son univers sonore. C’est un équilibre réussi de pulsions rythmiques marquées et de chaloupé sensuel, d’effets sonores et de notes juteuses, de groove et de ballade, d’introspection et d’explosion maîtrisée. Le travail technique est soigné (bande son dans laquelle il s’inscrit, passages habiles entre les différents claviers, réglages sonores parfaitement calibrés…) et on succombe à la beauté esthétique des pièces.

Le concert, mené d’une traite, dure 45 minutes, un petit bis et puis c’est tout. Il s’en va comme il était venu, discrètement et sans bruit, laissant derrière lui un sillage musical puissant qui donne envie de réécouter ces pièces en disque ou sur des plateformes d’écoute, pour se les approprier.

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