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AccueilA la UneGstaad Menuhin Festival : Le changement climatique, c’est maintenant !

Gstaad Menuhin Festival : Le changement climatique, c’est maintenant !

Alors que l’été 2022 a été marqué par des épisodes climatiques exceptionnels à travers le monde, le Gstaad Menuhin Festival and Academy a annoncé prendre des mesures pour atteindre la neutralité carbone, ainsi qu’une nouvelle programmation artistique placée sous le signe du changement.

Canicules, sécheresses, incendies, inondations, fonte des glaciers, jaunissement précoce de la végétation…, le choc de l’été 2022 a permis une prise de conscience planétaire de la réalité de l’urgence climatique. Face au constat sans appel que la planète est littéralement en train de brûler, le monde de la musique classique commence à réaliser qu’il va devoir participer à l’effort mondial pour le climat. Et même au cœur des montagnes suisses, on n’y échappe pas.

Le directeur du Gstaad Menuhin Festival and Academy, Christoph Müller, le sait bien : “Gstaad est un grand festival classique, au milieu des Alpes. Nous sommes très proches de la nature, et l’on voit les changements, notamment dans les glaciers et la végétation. Nous sommes suivis par 30 000 personnes qui viennent à nos concerts, mais aussi par les médias, et ici, dans la région. Nous devons donner l’exemple.”

Christoph Müller, Patricia Kopatchinkaja © Gstaad Menuhin Festival & Academy

Ainsi, dès cette année, le festival a lancé un partenariat avec la fondation My Climate, afin de mesurer son empreinte carbone et développer à partir des résultats obtenus une stratégie pour tendre vers la neutralité carbone. Annoncés lors d’une conférence de presse samedi vendredi 26 août, les résultats ne sont pas bons : les émissions annuelles totales du festival s’élèvent à 2 109.3 tonnes de CO2, et l’empreinte carbone moyenne par concert et par personne à 82 kg de CO2. Sachant que l’empreinte carbone de la Suisse est de 37 millions de tonnes CO2 par an, et en moyenne 13,51 tonnes par habitant, on voit bien que l’empreinte carbone de ce festival, qui dure environ six semaines, est élevée.

L’incitation plutôt que la contrainte

Tout d’abord, « afin d’être en mesure d’atteindre les objectifs climatiques souhaités » de neutralité carbone, les organisateurs du festival comptent transformer le fonctionnement interne pour faire de ce prestigieux festival « une organisation festivalière moderne et adaptée ». Dans le communiqué de presse du festival, le directeur administratif, Lukas Wittermann, explique que « parmi les défis les plus importants figurent les voyages et l’hébergement de nos hôtes ». Un défi qui concerne « non seulement nos partenaires mais également notre public. »

Conscient qu’il est impossible de contraindre qui que ce soit, Wittermann explique que la direction du festival va « tout mettre en œuvre pour agir dans ce domaine en sensibilisant et mobilisant directement toutes les parties prenantes. Les voyages des artistes constituent en revanche un champ d’action potentiel sur lequel le Festival peut avoir une influence directe. Le directeur artistique, Christoph Müller, prend déjà en compte cet aspect dans le choix et la négociation avec les artistes – sans perdre bien sûr de vue le haut niveau de qualité que s’est fixé la manifestation. » Cela va donc être une question de persuasion.

« parmi les défis les plus importants figurent les voyages et l’hébergement de nos hôtes« 

Christoph Müller, directeur du Gstaad Menuhin Festival
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Une source d’inspiration pour l’avenir

La musique ne peut sans doute pas changer le monde, comme le reconnaît Christoph Müller dans le communiqué, mais elle a un pouvoir de persuasion, comme il nous l’a expliqué lors du festival : “Avec la musique on peut pénétrer l’âme d’un être humain, et utiliser le niveau émotionnel pour toucher le cœur des gens.” Ainsi, le deuxième volet de la stratégie du festival est artistique, avec une programmation de trois ans autour du thème du changement : « ces trois prochaines éditions exploreront chacune un thème fort: «l’humilité» en 2023 (autour de trois grands axes: la nature, les grands modèles – Bach en tête – et la foi), «la transformation» en 2024 (autour des grands bouleversements historiques, sociaux, technologiques et spirituels) et «la migration» en 2025 (autour des musiques de l’exil) », nous apprend le communiqué.

Une ambassadrice engagée

Pour incarner ce combat pour la protection de la planète, la violoniste Patricia Kopatchinskaja a été choisie comme ambassadrice. Dans le cadre de cycle de concerts « Music for the planet », elle « présentera chaque été trois à quatre programmes originaux, sous-tendus par des messages forts sur l’état de la nature, de l’humanité et de la société ». L’objectif est de toucher le cœur des mélomanes, et les sensibiliser aux enjeux des dérèglements climatiques. En ce mois de septembre, au sortir d’un été et d’un printemps brûlants pour la planète, le Gstaad Menuhin Festival et Academy s’empare du défi climatique. Il reste à voir si cette initiative fort louable portera ses fruits et ouvrira la voie à un changement profond dans le monde de la musique classique.

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