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John Wilson, le son d’Hollywood

DISQUE – Le nouvel album du chef britannique John Wilson est consacré aux grands compositeurs de l’âge d’or d’Hollywood, de l’avènement du parlant au début des années 60. Intitulé Hollywood Soundstage, il est un événement en soi.

Un orchestre spécial BO

Le chef d’orchestre britannique John Wilson, né en 1972, dirige depuis 2018 le Sinfonia of London, un orchestre fondé dans les années 50 dans le but d’enregistrer les musiques des films américains et britanniques. On lui doit notamment la BO du film Vertigo, de Hitchcock, composée par Bernard Herrmann. Cette période, que l’on situe entre l’avènement du parlant et le début des années 60, donna ses lettres de noblesse à la musique de film symphonique. C’est la grande époque de compositeurs comme Korngold, Steiner, Waxman, Newman, Rozsa, Tiomkin …

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Ranimer ces partitions fabuleuses demande un orchestre rompu à l’interprétation de ce répertoire et à sa richesse harmonique. L’ADN du Sinfonia of London contient tout ceci : des cordes impeccables d’ensemble et de sonorités riches, jusqu’aux cuivres chauds et étincelants typiques des orchestres américains de studio de cette période, en passant par une harmonie impeccable de musicalité et de couleurs : c’est une pure jouissance sonore.

L’ouverture de Korngold pour The private life of Elizabeth and Essex et La suite de Now Voyager de Max Steiner trouvent ici leurs versions de référence.

Un programme de choix

Le programme concocté par John Wilson est idéal, entre classiques immortels et raretés. On passe du thème enchanteur de Laura de David Raskin (Otto Preminger, 1944) à la suite du Wizard of Oz (‘Le magicien d’Oz’ – Victor Fleming, 1939) qui suit littéralement l’action du film en musique avec notamment le célèbre Over the Rainbow. Il y a le thème nostalgique de Johnny Mandel pour The Sandpiper (‘Le chevalier des sables’ – Vincente Minelli, 1965), joué par un trompettiste d’exception, et qui annonce déjà la musique de Chinatown de Jerry Goldsmith, 9 ans plus tard. On n’oublie pas la Transylvanian March et la Valse de la célèbre comédie musicale My Fair Lady (George Cukor, 1964), ni la suite archi-contrastée de Franz Waxman pour Rebecca (Alfred Hitchcock, 1940) qui mêle déluge symphonique – rappelant par moments la Symphonie Alpestre de Strauss – et utilisation subtile des premiers synthétiseurs (le Novachord) dans l’orchestration.

L’admirable ouverture de Korngold pour The private life of Elizabeth and Essex (‘La Vie privée d’Élisabeth d’Angleterre’ – Michael Curtiz, 1939) et la suite de Now Voyager (‘Une femme cherche son destin’ – Irving Rapper, 1942) de Max Steiner, déjà très bien enregistrés par Charles Gerhardt dans les années 70, trouvent ici leurs versions de référence.
Et cerise sur le gâteau : une partition modèle de cette époque bénie du cinéma américain, celle de How to marry a millionaire (‘Comment épouser un millionnaire’ -Jean Negulesco, 1953), d’Alfred Newman, qui dirigea le département musique de la 20th Century Fox.

Un album « somme », magnifiquement enregistré, qui permet de comprendre le succès de John Wilson à chacun de ses concerts : on conseille vivement d’aller écouter ses prestations lors des Prom’s de Londres.

BBC Proms 2012 John Wilson ans his orchestra on Broadway
Pourquoi on aime ?
  • Pour le simple plaisir d’écouter un son d’orchestre hollywoodien
  • Pour toutes ces partitions qui s’écoutent comme des ouvertures d’opéra ou des symphonies
  • Pour comprendre d’où vient l’inspiration de la génération des compositeurs qui viendront après (John Williams, Jerry Goldsmith…)
C’est pour qui ?
  • Pour les amateurs de musiques symphoniques qui font voyager
  • Pour les cinéphiles qui veulent se souvenir des grands films de l’âge d’Or d’Hollywood
Vous aimerez aussi

Le coffret Charles Gerhardt conducts Classic Film Scores (Sony Music), qui compile tous les enregistrements de ce passionné de ce répertoire, à la tête du National Philharmonic Orchestra, avec encore davantage de belles découvertes.

Hollywood Soundstage, Sinfonia Orchestra London – Chandos
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