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La playlist « musique de films » de Thierry Jousse

PLAYLIST – Thierry Jousse est réalisateur, ancien rédacteur en chef des « Cahiers du cinéma ». Il anime aujourd’hui l’excellente émission sur la musique de film Ciné-Tempo sur France Musique. A l’occasion de la sortie du premier volume de son Dictionnaire enchanté de la musique au cinéma (Marest éditeur), il nous a spécialement concocté sa playlist idéale.

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Il collabore également, toujours sur la musique au cinéma, avec Blow Up sur Arte. Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de ce répertoire, il nous entraine, dans le premier volume de ce dictionnaire (qui va de A à F), dans un voyage subjectif, personnel mais très complet, à l’intérieur de cet univers musical passionnant et qui embrasse tous les genres musicaux. 

Le Dictionnaire enchanté de la musique au cinéma est une appétissante boite de bonbons dans laquelle il fait bon se perdre et piocher au hasard les perles dénichées par Thierry Jousse : un dictionnaire à lire avec sa plateforme de musique en ligne préférée à proximité, pour se délecter des nombreuses découvertes musicales contenues dans ce dictionnaire. Nous lui avons également demandé de se plier à un exercice difficile : choisir dans ce premier volume les bandes originales de film qui l’ont absolument bouleversé, la crème de la crème en quelque sorte. Mais laissons-lui la parole…

Michel LEGRAND, L’Affaire Thomas Crown (Norman Jewinson, 1968) 

« Le score (la partition, en Anglais, ndlr) parfait. Une des plus grandes réussites de Michel Legrand, le sommet de sa carrière américaine. Une féérie musicale de tous les instants et un thème éternel, The Windmills of your Mind. Un classique indémodable. 

John BARRY, Ipcress, danger immédiat  (Sidney J. Furie, 1965) 

En dehors de son œuvre bondienne, le très british John Barry a produit quelques grandes BO’s, en particulier dans la seconde moitié des années 1960. Ici, il s’agit d’une musique composée pour un film d’espionnage anglais réalisé en 1965 par Sidney J. Furie, avec Michael Caine dans le rôle principal. Avec ses influences jazz mêlées au cymbalum qui lui donne une touche Mittel-europa, la BO d’Ipcress danger immédiat est très séduisante. Attention, les risques d’addiction sont réels !

Henry MANCINI : Diamants sur canapé (Blake Edwards, 1961)

Un chef-d’œuvre du compositeur Henry Mancini, au service de l’imparable film de Blake Edwards, plein de glamour et de fantaisie. Au centre du motif, Moon River, standard parmi les standards. Ce qui ne doit pas nous faire oublier les autres thèmes de cette fantastique BO, entre jazz, musique tropicale et easy listening, au meilleur sens du terme. Une BO qui réchauffe les cœurs et corps, absolument recommandé en cas de coup de mou. 

Antoine DUHAMEL : Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)

Au milieu des années 1960, Jean-Luc Godard fait assaut de lyrisme avec Pierrot le fou. C’est Antoine Duhamel qui se charge de la musique et compose deux thèmes fascinants, Pierrot et Ferdinand. Intense, fulgurante, électrique, tragique, la BO de Pierrot le fou est une inépuisable source d’émotions. 

Cleo LAINE : All Gone dans The Servant (Joseph Losey, 1963)

Parfois, il suffit d’une chanson pour rendre une BO immortelle. C’est le cas pour The Servant, de Joseph Losey, où la chanson All Gone, entendue au générique, éclipse les instrumentaux du film. Une chanson composée par le trop méconnu John Dankworth, brillant musicien anglais lié au jazz et écrite, pour les paroles, par Harold Pinter, par ailleurs scénariste du film. C’est Cleo Laine, épouse de Dankworth, qui interprète de sa très belle voix cuivrée cette chanson illuminée d’une sombre lumière. C’est une rareté à découvrir toutes affaires cessantes. 

Gato BARBIERI : Le Dernier tango à Paris (Bernardo Bertolucci, 1972)

Dans le film de Bernardo Bertolucci, Le Dernier tango à Paris, c’est sans doute la musique qui a le mieux vieilli… Composée par le saxophoniste Gato Barbieri, figure d’un free jazz très latin, cette musique, qui mélange jazz et tango, est farouche et lyrique. Le son de sax déchiré de Gato Barbieri y transperce un orchestre à cordes arrangé par Oliver Nelson. Une fois qu’on l’a écouté, on y revient toujours et on ne s’en lasse jamais

Georges DELERUE : Police Python 357 (Alain Corneau, 1976)

Une incroyable partition composée par Georges Delerue pour un des premiers longs-métrages d’Alain Corneau, Police Python 357, polar melvillien avec Yves Montand et François Périer. Une musique très dissonante, plus proche de Penderecki que de la grande veine mélodique du grand compositeur français. Plus qu’une curiosité, une preuve de l’éclectisme de Delerue qui savait tout faire.

Alberto IGLESIAS : Tout sur ma mère (Pedro Almodovar, 1999)

Au milieu des années 1990, Pedro Almodovar rencontre son alter ego musical, Alberto Iglesias. Ensemble, ils vont construire une œuvre fusionnelle dont le sommet est sans doute Tout sur ma mère, sorti à la fin des années 1990. Une BO de feu au climat hispanisant, sous influence Bernard Herrmann/Miles Davis, dans laquelle Iglesias déploie son incroyable talent de coloriste. 

Jonny GREENWOOD, Phantom Thread (Paul-Thomas Anderson, 2017)

Parmi les compositeurs apparus ces dernières années, Jonny Greenwood, guitariste du groupe Radiohead, est sûrement un des plus brillants. Auprès de Paul Thomas Anderson, avec lequel il commence à collaborer sur l’impressionnant There Will Be Blood, il montre un tempérament de compositeur, influencé par la musique du XXème siècle. Dans un registre très impressionniste, sa BO de Phantom Thread est une réussite majeure qui mélange des cordes romantiques, presque atonales, à un piano mystérieux à souhait. 

CHRISTOPHE : Jeanne (Bruno Dumont, 2019)

Personnage à la fois célèbre et secret, le chanteur Christophe adorait le cinéma. De loin en loin, il a d’ailleurs mis en musique quelques films. Ses derniers travaux auprès du cinéaste Bruno Dumont sont sans doute les plus passionnants et les plus aboutis. En particulier, dans Jeanne, pour lequel Christophe compose une BO aérienne, ornementé d’un chant un peu spectral qui résonne comme un testament. »

Thierry Jousse

Le Dictionnaire enchanté de la musique au cinéma de Thierry Jousse est paru le 25 août chez MAREST Éditeur.
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