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Le nouveau défi de Thibault Cauvin

REPORTAGE – Le guitariste classique va jouer à Bordeaux le Concerto d’Aranjuez, sommet musical.

13 premiers prix de Concours internationaux de guitare, des milliers de concerts, 11 albums : le palmarès de Thibault Cauvin est unique. Il manquait un trophée à ce guitariste classique, né à Bordeaux en 1984 : le Concerto « d’Aranjuez » de Joachim Rodrigo (1901-1999). Cette partition mythique a été jouée par les plus grands guitaristes.

Le 12 juillet à Bordeaux, Thibault Cauvin jouera ce Concerto avec l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine … enfin ? « Vrai, je ne l’ai jamais joué, s’amuse Thibault Cauvin. Adolescent, à cause de mon côté rebelle, je ne voulais pas travailler cette partition pour me différencier des autres guitaristes. Au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris, il faut apprendre des concertos : je faisais exprès d’en choisir d’autres. » La carrière de ce brillant guitariste s’envole, et le Concerto aussi. « Je l’aimais bien pourtant ! », se souvient Thibault Cauvin.

2016 : le directeur des Estivales de Musique en Médoc, Jacques Hubert, a su le convaincre. Les deux hommes ont en commun l’amour des sons et du vin. Les vingt ans de ce festival de concerts dans les châteaux du Médoc sont l’occasion de faire un « coup ». L’Orchestre National Bordeaux Aquitaine s’engage dans l’aventure. Le guitariste aussi : « Je me sentais prêt, confirme Thibault Cauvin. J’aime décrire des lieux par la musique. J’ai déjà publié un disque avec cette idée, « Cities » en 2011. Un « Cities II » sort en septembre, un disque de duos avec entre autres -M- et Ballaké Sissoko. Le Concerto de Rodrigo évoque un jardin espagnol dans la ville d’Aranjuez : ça a du sens. »

Seul au monde, en Corée du Sud
Rebelle et indépendant, Thibault Cauvin a longtemps préféré jouer seul sur scène. Face à l’orchestre, il a un atout important : une guitare à l’amplification très naturelle, une technologie inventée par le luthier bordelais Jean-Luc Joie. Enfin une guitare classique capable de se faire entendre dans de grandes salles ! A Shanghai et à Tokyo, les fans de musique classique se comptent par millions.

« Je me rappelle avoir déchiffré la partition du Concerto d’Aranjuez à Séoul (Corée). On m’avait prêté une maison dans un petit village traditionnel, hors du temps, à côté de cette ville futuriste. Là, j’ai réalisé que… le concerto était redoutable techniquement ! J’avais toujours pensé que les guitaristes en rajoutaient… Je suis content de ne l’aborder que maintenant. J’ai la maturité pour surpasser les difficultés techniques et faire entendre la musique. »

A l’instar des grands chefs-d’œuvre, le Concerto d’Aranjuez a connu des centaines de « reprises ». A la version « classique » du guitariste John Williams (voir video ci-dessous), certains préfèrent les accents flamenco de Paco de Lucía. Ou encore la lecture qu’en fait le trompettiste de jazz Miles Davis. « J’aime cette transversalité, précise Thibault Cauvin. J’ai grandi entre Bach, Coltrane et le rock de mon père (Philippe Cauvin, guitariste également, ndlr). Pour moi tout cela était « musique ». Plus tard, j’ai appris à différencier un style d’un autre mais je garde précieusement ce sentiment de l’enfance. Je joue des musiques au-delà du classique, des musiques universelles, qui peuvent toucher tous les âges. Ce concerto a cette force. »

Les Estivales de Musique en Médoc, du 3 au 12 juillet 2018.

Article paru dans Sud Ouest le Mag du 30 juin.

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